Start-up spécialisée dans la création de sites web-éco-conçus, MonSiteVert propose à ses clients un CMS propriétaire permettant de nativement concevoir des sites internet écoresponsables en ayant intégré au sein de l’outil des dispositifs respectant les règles d’éco-conception.
L’outil permet de gérer et personnaliser son site en toute autonomie. La promesse d’un site avec une faible empreinte écologique mais une forte performance technique.
Mon rôle
Au sein d'une équipe de 8 personnes, accélérée au Village by CA de Rouen, j'ai travaillé en collaboration constante avec les développeurs pour faire évoluer le MVP existant.
En tant que designeuse interne et intégratrice web, mon rôle couvrait deux chantiers en parallèle : repenser l'outil de communication, notamment le site internet, pour clarifier les offres et mieux cibler le bon public, et piloter la refonte complète du CMS propriétaire.
Un produit qui devait évoluer vite, dans un contexte de start-up où chaque décision compte.



Les problématiques
Le CMS existait, mais il visait un public trop global et essayait de convenir à tout type de profil.
Résultat : il ne convenait vraiment à personne.
Pas adapté pour un client sans bagage technique avec un vocabulaire et des fonctionnalités jugées trop complexes, pas assez poussé pour un développeur confirmé qui souhaitait plus de liberté dans l’édition du code. Sans compter les bugs hérités du POC initial et des fonctionnalités manquantes qui freinaient l'adoption.
Cap stratégique
La décision a été prise de professionnaliser l'outil et d'assumer un positionnement clair : s'adresser aux profils intermédiaires et professionnels, freelances et agences, quitte à abandonner le marché des novices. Un choix stratégique fort, qui a redéfini toutes nos priorités de design.
Cela a impliqué une refonte de l'identité visuelle pour incarner ce nouveau positionnement plus technique, ainsi qu'une refonte des supports de communication avec l'aide d'une agence externe : site internet avec une clarification des services et des offres tarifaires, et supports print comme les cartes de visite, kakémonos et flyers.
Sur le CMS, cela a également demandé une réflexion sur l'expérience globale pour offrir plus de liberté aux profils professionnels, notamment via l'adoption d'un modèle full SaaS. À l'origine, l'outil nécessitait l'intervention de l'équipe pour ouvrir les accès et un contact commercial pour acheter une licence.



Recueillir les besoins
Avec un MVP déjà en place depuis quelques années, nous avions la chance de pouvoir consulter une centaine d'utilisateurs actifs sur le CMS avant d'entamer la refonte.
Avant de toucher à un seul écran, on a écouté via des formulaires et des interviews en visio auprès de clients existants. On a cartographié les frustrations réelles, les usages détournés et les attentes non formulées. Ce travail mené avec la cheffe de projet a posé les bases de toutes les décisions qui ont suivi.
Les principaux retours :
L'accès à l'outil pour les nouveaux entrants était bloquant car il nécessitait une action de l'équipe pour ouvrir un compte ou payer une licence. Ce qui était un point de résignation pour de potentiels clients.
Une prise en main complexe sans accès à une documentation claire.
Manque de certaines fonctionnalités clés, notamment l'accès à l'éditeur de thème.
Absence de visualisation des layers ou de l’arborescence de page directement depuis l’éditeur de page.
L’option du multilingue manquante pour des clients agences.
Manque de fonctions poussées notamment pour le SEO.
Refonte de l'outil
Dans un contexte start-up, le produit devait évoluer rapidement. Nous avons donc fait le choix d'utiliser une librairie de composants Figma et dev, Minimal UI, pour faciliter le handoff et travailler sur des bases communes. Nous avons également conservé l'architecture du POC pour ne pas repartir de zéro et accélérer la mise en ligne d'une V1.
Pour valider les nouvelles interfaces, on a eu l'opportunité de tester le produit avec une promotion entière d'une école du numérique, soit environ 70 participants issus de trois métiers directement concernés : communicants, designers et développeurs web.
Les retours ont été précieux et parfois inconfortables. La navigation par folders pour organiser les projets manquait d'intuitivité. Les options de personnalisation des thèmes, trop enfouies dans les paramètres, passaient inaperçues. Et surtout, un angle mort qu'on n'avait pas anticipé : l'absence totale d'onboarding. Les utilisateurs arrivaient dans l'outil sans repères et sans documentation pour les guider.
En parallèle du travail sur les interfaces, j'ai pris en charge la création d'une documentation écrite pour combler ce manque immédiatement. Et on avait la volonté d'aller plus loin avec une documentation vidéo, pour rendre la prise en main encore plus accessible. Un rappel que l'expérience utilisateur ne s'arrête pas à l'écran de l’outil.



Ce que ce projet m'a appris
Travailler sur un produit interne en start-up, c'est apprendre à designer sous contrainte de temps, de ressources et d'incertitude. C'est aussi comprendre que la recherche utilisateur n'est pas un luxe réservé aux grandes équipes. Même avec peu, elle change les décisions.
Et puis, j’ai eu l’opportunité d’aller pitcher et défendre le projet au VivaTech 2023. Pitcher la solution devant des investisseurs et des clients potentiels, c'est réaliser que le design d'un produit ne se montre pas que dans Figma. Il se défend, se raconte et se vend. Cette expérience m'a appris à prendre du recul sur mon propre travail et à en expliquer la valeur à des gens qui ne parlent pas le langage du design.

